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Tout en déjeunant, Julien se remmémora son rêve, ce qui l'amena à penser à sa famille et à la relation qu'il avait avec elle. Son père, par exemple. Depuis sa plus tendre enfance, Julien s'était bien entendu avec son père. Celui-ci le laissait tout faire, croyant le rendre heureux en le gâtant de la sorte. C'était le cas, mais à présent Julien avait l'impression que son père ne s'était jamais vraiment « occupé » de lui, se contentant de lui acheter ce qu'il désirait tout en consacrant son temps à ses concerts, à ses fans, en bref, à son extraordinaire carrière. Bien sûr, ils avaient de temps en temps des moments d'étonnante complicité, la plupart lorsqu'ils faisaient de la musique ensemble. Depuis que Julien était tout petit, Evan lui racontait tout ses concerts, et Julien se rappelait de tous les différents styles que son père avait affichés, depuis les concetrs rétros jusqu'à la salle de concert moderne. Evan avait toujours été le leader de « World's Eye », son groupe, et c'était donc tout naturellement que le fils du rock star avait hérité de son don et de son goût pour la musique. Julien possédait sa propre salle d'instruments, et il s'entraînait volontiers plusieurs fois par jour.

# Enviado el jueves 31 de enero de 2008 14:47

Modificado el jueves 31 de enero de 2008 15:23

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Quand à sa mère... Julien l'avait toujours aimée, mais au fil des ans il avait l'impression qu'Evelyne devenait de plus en plus froide avec lui. Avait-ce un rapport avec l'âge de son fils ? Il ne savait pas, mais lui aussi de son côté trouvait sa mère un peu superficielle et égoïste, ayant pris le goût du luxe depuis son mariage avec Evan. Evelyne n'avait jamais été très douée en musique, mais elle avait pourtant fait partie de « World's Eye » pendant un ou deux mois. L'adolescent ne parlait pas souvent avec sa mère, en fait, il ne parlait pas beaucoup à ses parents. Elle passait ses journées à se faire plaisir, tout comme son fils, mais jamais ils ne faisaient une activité ensemble. Quand Evelyne bronzait à la piscine, Julien jouait de la batterie, quand elle lisait tranquillement, il se jetait dans l'eau, quand elle allait en ville, il préfèrait inviter un ami... Cela ne lui manquait pas, il n'avait jamais été habitué à avoir des relations profondes avec sa mère. D'ailleurs, quand il eut fini de déjeuner, il se rendit compte qu'il ne lui avait pas adressé la parole. Il sortit de table en lui offrant un sympathique sourire, mais elle avait elle aussi l'air perdu dans ses penseés.
Puis pour aider Rebecca la cuisinière, il prit leurs deux assiettes et les porta à la cuisine.

# Enviado el jueves 31 de enero de 2008 14:53

Modificado el viernes 01 de febrero de 2008 10:32

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Ensuite, Julien remonta dans sa chambre et se passa la tête sous l'eau. Il s'empara ensuite d'un peigne aux dents cassées à force d'essayer de peigner des cheveux rebelles et lissa ses mèches. Ca ne tarderait sans doute pas à sécher, mais il était obligé de se coiffer de cette manière. Ensuite, partie qu'il haïssait le plus, il se déshabilla pour enfiler un affreux jean serré, une chemise rayée qu'il dut faire rentrer de force dans le pantalon avant de serrer la ceinture en cuir au maximum, et enfin nouer une cravate bleue sur la chemise. Il jeta un coup d'oeil dans le miroir. Il avait l'air d'un parfait crétin. Comme 4 jours sur 7, pour assister aux cours privés, à l'étage supérieur de sa villa, où Evan avait fait aménager une véritable salle de classe.
D'un côté, c'était plutôt hors-du-commun d'assister aux cours chez soi, plutôt que d'aller au collège comme les autres adolescents de son âge, d'avoir son professeur privé et congé trois jours sur sept. Mais Julien n'était pas toujours entièrement d'accord avec les idées de son père. Ce dernier tenait absolument à ce que Julien porte un « uniforme » affreux, et il lui avait collée la pire des profs privées possible. Elle ne supportait pas les cheveux en bataille, détestait toute chaussure non cirée, avait un sac à main en forme de trousse de toilette et souhaitait que Julien se comporte de la manière la plus ringarde imaginable...

# Enviado el jueves 31 de enero de 2008 14:59

Modificado el viernes 01 de febrero de 2008 10:32

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Il était 10h03 . Julien émergea en trombe de sa chambre et courut jusqu'à l'escalier. Il y avait à peu près nonante-neuf virgule neuf pour cent de chance (ou plutôt de risques) que Mme Von Beck se trouve déjà devant le tableau, prête à fondre sur lui dès qu'il passerait la porte... Dix secondes plus tard, il déboulait soufflant comme un phoque (Julien n'avait jamais été très sportif) devant son pupitre, mais l'institutrice n'était étrangement pas là. Il sortit son agenda, ses livres de cours et s'assis calmement sur sa chaise, pour une fois. Il regarda avec envie l'ordinateur reposant sur un autre bureau dans un coin de la pièce. L'appareil était là depuis plus de cinq ans, mais la dernière fois que Julien y avait touché, c'était du temps de Miss Elldian, son ancienne professeure. Entre autres, Mme Von Beck vouait une fureur démoniaque à tous engin éléctronique. C'est tout juste si elle n'avait pas exigé de faire sortir l'ordinateur de la salle.

# Enviado el jueves 31 de enero de 2008 15:02

Modificado el viernes 01 de febrero de 2008 10:32

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Enfin, Mme Von Beck arriva. Sans un regard pour Julien, qui s'était levé, elle alla poser son sac sur son bureau et en sortit son réveil, un de ses nombreux instruments de torture. C'était une assez grande femme d'une cinquantaine d'année, avec un visage disgracieux encadré de cheveux roux tirés vers l'arrière. Elle se maquillait avec exagération et se coincait presque en permanence derrière les oreilles un serre-tête orné d'un noeud rose.
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# Enviado el jueves 31 de enero de 2008 15:09

Modificado el viernes 01 de febrero de 2008 10:32